Togo–Russie : Quand le PC Faure Gnassingbé accélère un partenariat stratégique à Moscou
Le séjour récent du Président du Conseil, Faure Gnassingbé, à Moscou, du 27 au 30 octobre 2026, aura marqué une nouvelle étape dans le rapprochement entre Lomé et la Russie. Invité par le Président Vladimir Poutine au troisième Sommet Russie–Afrique, le leader togolais y a défendu une coopération fondée sur la souveraineté, la paix et la transformation économique, avant de s’entretenir directement avec son homologue russe au Kremlin.
Arrivé à Moscou le 27 octobre, Son Excellence Faure Gnassingbé a immédiatement donné le ton en présidant une cérémonie de signature de plusieurs instruments de coopération entre institutions togolaises et russes. Le lendemain, il a pris part au Forum économique et humanitaire Russie–Afrique, consacré notamment au commerce, aux investissements, aux infrastructures énergétiques, aux systèmes de paiement, à la transformation numérique et à la sécurité alimentaire.
Le 29 octobre, il est intervenu lors de la première séance plénière du sommet, organisée au Grand Palais du Kremlin aux côtés de Vladimir Poutine et de plusieurs chefs d’État et de gouvernement africains. Devant ses pairs, il a plaidé pour un partenariat russo-africain renouvelé, articulé autour de trois priorités : la souveraineté des États, la paix et la stabilité, ainsi que la transformation économique du continent.
Le point culminant de la mission est intervenu le vendredi 30 octobre, lorsque Faure Gnassingbé a été reçu par Vladimir Poutine au Kremlin pour un entretien bilatéral. Les deux dirigeants ont fait le point sur l’évolution de leurs relations depuis leur précédente rencontre de novembre 2025 et ouvert de nouvelles pistes de coopération.
Lors de cet échange, le Président du Conseil a salué la rapidité avec laquelle les engagements pris ont commencé à se concrétiser. Il a notamment rappelé l’entrée en vigueur, en septembre 2026, de l’accord sur les fondements des relations bilatérales, la réouverture de l’ambassade de Russie à Lomé en août, ainsi que les préparatifs pour l’ouverture d’une ambassade du Togo à Moscou.
L’énergie, les transports et la logistique, la prospection géologique, l’agriculture et la formation figurent parmi les secteurs prioritaires identifiés par les deux parties. Le président Poutine a également évoqué la dynamique des échanges commerciaux, estimés à 852 millions de dollars en 2025, un niveau qui traduit l’essor rapide de la relation économique entre les deux pays.
Dès son arrivée à Moscou, Faure Gnassingbé a supervisé la signature de deux accords de coopération et d’un mémorandum d’entente. Le premier, conclu avec l’organisation russe Eurasia, couvre l’action humanitaire, l’éducation, la recherche scientifique, la culture et le développement social, avec des perspectives de financement de projets et de réalisation d’infrastructures sanitaires, éducatives et culturelles.
Le second accord, signé avec l’Agence fédérale russe de coopération humanitaire internationale, porte sur les échanges culturels, éducatifs, scientifiques et humanitaires. Il prévoit notamment l’octroi de bourses d’études à des étudiants togolais dans les universités russes, un levier important pour la formation de l’élite nationale.
Un mémorandum a également été signé entre la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH) du Togo et le Médiateur des droits de l’homme de la Fédération de Russie. Ce texte vise à renforcer la coopération dans la promotion et la protection des droits et libertés fondamentales, notamment à travers le partage d’expériences.
Par ailleurs, avec sept mémorandums déjà signés depuis novembre 2025, dont celui sur le nucléaire civil avec Rosatom, le partenariat togolo-russe entre dans une phase de concrétisation. La commission mixte intergouvernementale, réunie à Lomé en septembre, est appelée à jouer un rôle central dans le suivi et la mise en œuvre de ces engagements.
Pour Son Excellence Faure Gnassingbé, l’enjeu est de convertir les déclarations en projets opérationnels au bénéfice des populations togolaises. En misant sur l’énergie, l’agriculture, la formation, les infrastructures et la valorisation de sa plateforme logistique, le Togo affirme sa volonté de diversifier ses partenariats et de renforcer sa place dans les dynamiques économiques régionales et internationales.